Ciné-concert : Faust, une légende allemande

Ciné-concert : Faust, une légende allemande

de FW Murnau (1926)
Illustration musicale par Jean-Baptiste Doulcet (piano)

Faust, une légende allemande, un chef-d’œuvre du cinéma muet, réalisé par Friedrich Wilhelm Murnau, sorti en 1926.
Faust est le héros d’un conte allemand très populaire depuis le XVIe siècle, à l’origine de nombreuses réinterprétations. Goethe s’en empare et en fait l’archétype du mélancolique désabusé par les limites du savoir, un homme prêt à se damner pour dépasser sa condition. Pour l’écrivain, le mal absolu n’est pas dans la transgression des lois religieuses, morales et sociales mais dans la mélancolie, synonyme d’inaction mortifère.
Si Murnau s’inspire de l’œuvre de Goethe, il façonne son propre Faust qui cèdera par amour à la tentation satanique afin de soulager ses prochains frappés par la peste.
Ombres et lumières, larmes et fulgurances, terrifiante lutte du bien et du mal, chaos et révélation, innocence et perdition se retrouvent dans une rare puissance expressive de l’image qui marquera le cinéma expressionniste.

Le pianiste concertiste et improvisateur Jean-Baptiste Doulcet, diplômé du CNSMdp à l’âge de 17 ans en improvisation au clavier dans la classe de J-F. Zygel, accompagne régulièrement au piano des films muets dont il recrée la bande-sonore en direct.

Concert 1 : Mephisto

Concert 1 : Mephisto

Tanguy de Williencourt, piano
Joséphine Besançon, clarinette
Sarah Jegou-Sageman, violon
Olivier Gourdy, baryton-basse

Ludwig van BEETHOVEN (1770-1827)

Sonate pour piano no 8 en do mineur, Op 13
composée entre 1798 et 1799 et publiée en 1799 sous le titre français de

Grande Sonate pathétique
– Grave – Allegro di molto e con brio
– Adagio cantabile
– Rondo : Allegro

Franz LISZT (1811-1886)

Mephisto-valse N° 1 (1862)

Richard WAGNER (1813-1883)

 Lied des Mephistopheles I et II

Ludwig van BEETHOVEN (1770-1827)

Flohlied [Le chant de la puce] 
Extrait du Faust de Goethe
Troisième des six chants avec accompagnement de piano, Op.75
Composés en 1809 et dédiés à la princesse Caroline von Kinsky 

Modeste MOUSSORGSKI (1839-1881)

Chanson de la puce

Hector BERLIOZ (1803-1867)

Une puce gentille
Sérénade de Mephisto

Charles GOUNOD (1818-1893)

Sérénade de Mephisto

Ferruccio BUSONI (1866-1924)

Lied des Mephistopheles

Mark LOTHAR (1902-1985)

Zwei Mephisto-Lieder

Béla BARTÓK (1881-1945)

Contrastes, pour violon, clarinette et piano (1938)

Verbunkos (danse de recrutement)
Pihenő(repos)
Sebes (vif)

Conférence : Faust et les musiciens romantiques

Faust et les musiciens romantiques

Conférence de Emmanuel REIBEL

Le vieil alchimiste pactisant avec le diable connut grâce à Goethe une seconde jeunesse : il fit rêver toute la génération romantique. La plupart des musiciens tirèrent du Faust de Goethe de nombreux lieder, tandis que certains comme Berlioz, Schumann ou Liszt s’identifièrent profondément à cette figure mythique qui incarnait alors, au prix de toutes les transgressions, le dépassement des limites et l’aspiration à l’infini.
Une enquête au cœur de la « Faustmania » musicale.

Concert 2 : Marguerite

Concert 2 : Marguerite

Marie-Josèphe Jude, Jean-François Heisser,  piano
Joséphine Besançon, clarinette
Sarah Jegou-Sageman, violon
Marine Chagnon, mezzo-soprano

Ludwig van BEETHOVEN (1770-1827)

Sonate pour piano, dite « La Tempête », Op31 n°2 en ré mineur

Largo-Allegro
Adagio
Allegretto

Mignon, 75 Nº 1 (J. W. von Goethe)

Kennst du das Land…. [Connais-tu le pays]
Premier des six chants avec accompagnement de piano, Op.75
Composés en 1809 et dédiés à la princesse Caroline von Kinsky

Franz SCHUBERT (1797-1828)

Gretchen am Spinnrade2, D.118 [Marguerite au rouet]

Gretchens Bitte D564 [La complainte de Marguerite]

Giuseppe VERDI (1813-1901)

Deh Pietoso oh addolorata

Richard WAGNER (1813-1883)

Ach, neige, Du Schmerzenreiche, Melodram                                                     

 Hugo WOLF (1860-1903)

Ach, neige, Du Schmerzenreiche [Oh, incline Mère des douleurs…]                                                       

Franz LISZT (1811-1886)

Gretchen
Extrait de la « Faust-Symphonie in drei Charakterbildern nach Johann Wolfgang von Goethe »
Transcription du compositeur en 1856 pour deux pianos

Igor STRAVINSKY (1882-1971)

L’histoire du soldat
Suite tirée du mimodrame et arrangée par le compositeur pour piano, clarinette et violon sur un texte de Charles-Ferdinand Ramuz
Un soldat pauvre vend son âme (représentée par le violon) au Diable contre un livre qui permet de prédire l’avenir…

1. Marche du soldat
2. Le violon du soldat
3. Petit concert
4. Tango / Valse / Ragtime
5. Danse du diable

Causerie illustrée : Faust à Dinard…

Faust à Dinard…

Causerie de Jean-Yves Tadié

En 1940, quand le bruit se répand que le gouvernement français pourrait quitter la capitale, Paul Valéry décide de partir pour Dinard avec sa famille, le 23 mai. Ce n’est qu’au début du mois d’août qu’il commence à écrire son Faust. La tentation de se mesurer à l’ampleur de ce projet avait plus d’une fois caressé son esprit mais jusqu’ici, il en était demeuré « aux hésitations et à la crainte d’un travail qu’il fallait considérer comme immense et redoutable. »

Le 30 avril 1932, à l’occasion de la commémoration du centenaire de la mort de Goethe, Valéry, grand admirateur du poète, prononce un discours en Sorbonne en son honneur. Il voit en lui l’incarnation d’un nouvel humanisme et universalisme, seules garanties d’un nouvel ordre européen.

Valéry décide donc d’écrire un Faust moderne, de le faire réapparaître au monde mais drapé dans un manteau moderne, cette fois dans un décor paisible et pose les questions : Que sont devenus la connaissance, l’amour, la morale et Dieu ?

Le Faust de Valéry écrit ses mémoires : « Ce que j’ai fait, ce que j’ai voulu faire, ce que j’aurais pu faire sont à l’état d’idées également vivantes en moi ; et je me trouve également capable de toutes les aventures que ma mémoire me représente ou que mes biographes me prêtent si généreusement. »

Faust devient un prince des Idées quand soudain un élégant Méphistophélès fait irruption entre Faust et Lust sa secrétaire…

Or la place que Méphistophélès occupait dans le monde a changé…

Concert 3 : Faust

Concert 3 : Faust

Marie-Josèphe Jude, piano
Jean-François Heisser, piano
Marine Chagnon, mezzo-soprano – Olivier Gourdy, baryton-basse

Ludwig van BEETHOVEN (1770-1827)

Sonate no32 en ut mineur Op 111, composée entre 1820 et 1822

1. Maestoso – Allegro con brio ed appassionato
2. Arietta con Variazioni

Neue Liebe, Neues Leben [Nouvel amour, nouvelle vie]

Deuxième des six chants avec accompagnement de piano, Op.75
Composés en 1809 et dédiés à la princesse Caroline von Kinsky

Carl Friedrich ZELTER (1758-1832)

Es war ein König 

 Franz SCHUBERT (1797-1826)

Es war ein König

Hector BERLIOZ (1803-1867)

Il était un roi

Charles GOUNOD (1818-1893)

Le roi de Thulé

Franz LISZT (1811-1886)

Es war ein König

Felix MENDELSSOHN (1809-1847)

Ouverture de La première nuit des Walpurgis, Op. 60
Arrangement pour piano à quatre mains de la ballade pour chœur avec orchestre, sur un poème de Johann Wolfgang von Goethe écrit en 1799

Robert SCHUMANN (1810-1856)

Ouverture des Scènes de Faust,
Transcription pour piano à 4 mains de l’ouverture de l’oratorio profane pour solistes, chœur et orchestre, écrit entre 1844 et 1853.

Paul  DUKAS (1865-1935)

L’Apprenti sorcier
Scherzo d’après la ballade de Goethe « Der Zauberlehrling . Transcription pour piano à 4 mains de L. Roques

Un apprenti sorcier tente d’animer un balai afin qu’il remplisse une bassine d’eau avec des seaux. Ne contrôlant plus son enchantement, il tente de le détruire à la hache, mais il se retrouve face à un deuxième balai suivant le premier. La maison frôle l’inondation. Le maître arrive enfin et remédie aux dégâts…

Marie-Josèphe Jude, piano

Née d’un père français et d’une mère sino-vietnamienne, c’est au Conservatoire de Nice que Marie-Josèphe JUDE commence ses études musicales. Elle y reçoit une double formation, poursuivant parallèlement un cursus en piano et en harpe.

Artiste précoce, elle entre dès l’âge de 13 ans au CNSMD de Lyon en harpe (classe d’Elisabeth Fontan-Binoche) et au CNSMD de Paris en piano dans la classe d’Aldo Ciccolini.

Après avoir obtenu ses premiers prix de piano et de musique de chambre, ainsi que la licence de concert de harpe à l’Ecole Normale de musique de Paris, c’est à Londres qu’elle se rend pour se perfectionner auprès de Maria Curcio-Diamand, grande pédagogue disciple d’Arthur Schnabel.

Elle décide alors de se consacrer exclusivement au piano : elle sera Lauréate du Concours International Clara Haskil de Vevey en 1989 et Victoire de la Musique en 1995.

Sa carrière de soliste la mène dès lors dans les salles et festivals du monde entier, de Montpellier à Bath, de la Roque d’Anthéron à Kuhmo, de Bagatelle à Locarno, elle a collaboré avec l’Orchestre de Paris, l’Orchestre Philharmonique de Nice, l’Orchestre National de Lyon, Les Siècles, l’Orchestre Symphonique de Tours, l’Orchestre de l’Académie Chopin de Varsovie, du BBC Scottish Orchestra, l’Orchestre Symphonique de Bâle, l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg, le Brussels Philharmonic Orchestra, le MDR Orchestra à Leipzig et joué sous la direction de J.Märkl, F.Brüggen, C.Dutoit, E.Krivine, F-X.Roth, J.-Y.Ossonce, J.Axelrod, A.Tamayo ou encore K.Weise.

Chambriste confirmée, elle a formé durant de nombreuses années un duo avec Laurent Korcia, et retrouve régulièrement Henri Demarquette, Xavier Phillips, Jean-Marc Phillips, Marc Coppey, Philippe Graffin, Gary Hoffmann, Stéphanie-Marie Degand, Mireille Delunsch…

Elle a également parcouru une très grande partie du répertoire à 2 pianos et 4 mains, en compagnie de Jean-François Heisser, Claire Désert et Michel Béroff.

Enfin, elle a participé à de nombreux spectacles de ballets, partageant la scène avec son frère Charles Jude, danseur étoile et directeur du ballet de Bordeaux.

Son répertoire de prédilection se reflète dans son importante discographie : l’intégrale de l’œuvre pour piano de BRAHMS (dont le dernier volume est prévu pour 2019), Clara SCHUMANN, MENDELSSOHN, BEETHOVEN, CHOPIN, mais aussi Henri DUTILLEUX, Maurice OHANA (qui en avait fait une de ses interprètes favoris) BERG, JOLIVET, LISZT (en duo avec Michel Béroff).

Un enregistrement de la Symphonie Fantastique à deux pianos avec Jean-François Heisser vient de paraître chez Harmonia Mundi. Son prochain disque enregistré avec la flûtiste Raquele Magalhães pour NoMadMusic  sortira au printemps 2020.

Marie-Josèphe JUDE consacre aussi une grande partie de son activité à l’enseignement : après avoir été professeure au CNSMD de LYON durant 4 ans, elle enseigne depuis 2016 au CNSMD de Paris. Par ailleurs, elle fera partie du jury du prochain Concours Marguerite Long  (novembre 2019) qui l’a chargée  tout au long de la saison 18/19 de sélectionner  les futurs candidats dans le monde entier.

Elle est nommée Présidente et directrice artistique de l’Académie Internationale d’été de Nice en octobre 2017.

Emmanuel Reibel

Professeur de musicologie à l’Université Lyon 2 et membre de l’Institut de France, Emmanuel Reibel partage ses activités entre enseignement, recherche et médiation musicale. Auteur de nombreux livres, il a été primé par l’Académie française pour son essai Comment la musique est devenue « romantique », de Rousseau à Berlioz (Fayard). Il est également l’auteur de Faust, la musique au défi du mythe (Fayard).

Marine Chagnon, mezzo-soprano

Diplômée d’une licence mention Très Bien à l’unanimité du Conservatoire National de Paris, Marine Chagnon poursuit actuellement son master dans la classe d’Elène Golgevit.

Passionnée par la pluralité des arts, elle se forme en danse modern-jazz ainsi qu’en art dramatique, et s’applique à toucher à tous les styles musicaux, en autres la musique ancienne.

On a déjà pu voir cette mezzo-soprano sur scène dans Lola de Cavalleria Rusticana, la

Tasse Chinoise et la Chatte de l’Enfant et les Sortilèges au Théâtre du Châtelet (Concert Tôt), Cherubino des Nozze di Figaro, Nancy de Albert Herring, la Troisième Dame de La Flûte Enchantée, la Périchole (rôle-titre) au Théâtre National de Bayonne, Annio dans la Clemenza di Tito au Grand Théâtre de Dijon, …

Dans le répertoire baroque, on a pu l’entendre à l’Opéra de Dijon dans le rôle d’Euridice de l’Orfeo, puis dans Venus du Ballo delle Ingrate sous la direction de Paul Agnew (Arts Florissants) au CNSMDP. Elle est l’alto solo de la Passion selon Saint-Matthieu sous la direction de Jos van Veldhoven à la Cathédrale de Notre-Dame de Paris, puis soprano 2 solo dans les Vêpres de Monteverdi avec l’ensemble La Tempête de Simon-Pierre Bestion (Festival de Noirlac,…)

On a pu l’entendre dans l’émission « Génération France Musique » de Clément Rochefort, aux côtés de Philippe Jaroussky.

Marine a reçu le Prix Jeune Espoir au Concours International de Mâcon en 2018, et le Prix Spécial du Jury du Concours International de Canari (Corse) en août 2019 ; elle est lauréate des académies de Villecroze, Royaumont, Frivolités Parisiennes et Philippe Jaroussky, ainsi que du prix Dauphin de Verna (Fondation de France).

On pourra entendre Marine dans le rôle de Lucilla, La Scala di Seta de Rossini en mars prochain dans une coproduction CNSMDP/Philharmonie de Paris, et dans le rôle de Nicolette de l’Amour des Trois Oranges à l’Opéra de Nancy.

Pour la saison prochaine, Marine sera Zerlina de Don Giovanni sous la direction de C. Diederich, et Belle dans la Belle et la Bête de Philip Glass à l’Opéra de Caen ainsi qu’au Théâtre de l’Athénée.