Le Petit Prince, artistes

Le Petit Prince, artistes 

Thibault de Montalembert

Balthazar Pouilloux, compositeur, metteur en scène, auteur

Balthazar Pouilloux est un artiste de 20 ans. Il fonde en 2020, avec trois de ses amis, la Compagnie Décadrée, véritable coopérative artistique visant à inciter les jeunes à la création dans le champ artistique. En 2021, fort d’une formation de huit ans au conservatoire du XVIIIe en chant lyrique, contrebasse et création orchestrale, il compose une comédie musicale inspirée de l’Écume des jours avec Raphaël Gattegno, et mène ce projet en collaboration avec Jérémy Dirat. Elle sera jouée une quinzaine de fois dans des salles Parisiennes et remportera le prix du meilleur spectacle musicale au festival de Brest 2021. Il renouvelle l’expérience la saison suivante où il coordonne théâtralement et musicalement le spectacle L’inconnue. En 2022, il monte avec Rosa Carrier son premier seul en scène lyrique, Fugue, au Théâtre Lepic, qui obtient de nombreux prix pour son écriture. En juin 2023, il présente son premier opéra à la Salle Gaveau adapté du Petit Prince, pour une date unique, et remportent un vif succès critique (Opéra Magazine, Diapason…).

Éléa Hetzel, cheffe d’orchestre, cheffe de chœur

Éléa Hetzel se passionne pour la musique depuis son plus jeune âge, en particulier dans sa dimension de collectif et de partage. Elle a ainsi commencé à étudier la direction d’orchestre à l’âge de quinze ans, ainsi que l’analyse, l’orchestration et l’histoire de la musique au CRR de Paris. Deux ans de classe préparatoire littéraire au lycée Fénelon ont complété et enrichi cette formation. Éléa suit une première année de licence dans la classe de Catherine Montier au Pôle supérieur Paris-Boulogne depuis septembre 2025, tout en recevant les conseils réguliers de Stéphanie-Marie Degand, Olivier Charlier et Michaël Hentz. Elle est actuellement dans la classe de Simon Proust en direction d’orchestre et se perfectionne auprès d’Aurélien Azan Zielinsky et Claire Gibault lors de masterclasses. Elle intègre à la rentrée 2025 le cycle supérieur d’esthétique du CNSMD de Paris dans la classe d’Emmanuel Reibel. Afin d’allier désir de jouer, de diriger et de créer, elle fonde en janvier 2023 l’Orchestre Silmaril avec Adrien Mercier pour la création à la Salle Gaveau du conte musical Le Petit Prince, orchestre qu’elle dirige régulièrement depuis.

Clélia Horvat, Le Petit Prince

Née en 2005, Clelia Horvat a été page, de 2013 à 2019, à la Maîtrise du Centre de musique baroque de Versailles, où elle a pratiqué les répertoires baroques français et italien. Elle s’est produite très régulièrement en tant que soliste dans le cadre des concerts et des enregistrements de cette Maîtrise, notamment à la Chapelle Royale du château de Versailles. Après avoir étudié le violoncelle au CRR de Versailles, elle a intégré en 2019, le Département supérieur pour jeunes chanteurs du Conservatoire de Paris, où elle a participé à de nombreuses productions musicales et scéniques. Elle a notamment tenu, en mars 2021, un des rôles principaux de l’opéra The Turn of the Screw de B. Britten dans une production de la Philarmonie de Paris. En parallèle, elle est entrée dans la classe de violoncelle de Pauline Bartissol, puis de David Louwerse au Conservatoire Claude Debussy de Paris.

Célian d’Auvigny, L’Aviateur

Célian d’Auvigny est comédien et chanteur lyrique. Il est reçu en 2009 en horaires aménagés au Jeune Chœur de Paris, puis est diplômé du cours Florent et de la Classe Libre en 2014. Il débute sur scène en tant que figurant à l’Opéra de Paris ; mais c’est dans l’opérette « Yes » de Maurice Yvain, montée par la Compagnie des Brigands, qu’il joue son premier rôle important au Théâtre de l’Athénée Louis Jouvet, le Théâtre Montansier ou l’Opéra de Reims dans le rôle du jeune premier Maxime Gavard. Dernièrement c’est dans l’opérette Coup de Roulis des Frivolités Parisiennes mise en scène par Sol Espèche qu’il s’illustre au Théâtre de l’Athénée. Il participe également à plusieurs courts métrages : Sursis de Raphael Treiner (Festival de Deauville) et Les Appelés de Matthias Couquet (PIFFF Festival, double page Mad-Movie, HP Lovecraft Film Festival).

Paul Germanaz, Le Renard,
Le Businessman,
Le Géographe

Ce jeune ténor de 19 ans commence la musique avec le cor d’harmonie au CRR de Reims. Après avoir suivi un cursus à horaires aménagés au collège, il commence le chant au conservatoire à 14 ans. Pris de passion pour l’art lyrique et ayant joué de nombreuses fois dans les productions du Conservatoire de Reims, c’est à l’âge de 16 ans qu’il intègre le prestigieux Département Supérieur pour Jeunes Chanteurs du CRR de Paris. Dernièrement, il a participé au Concours du Grand Opéra d’Avignon dont il est sorti finaliste.Il entre au CNSM en septembre 2024.

Clarisse Fauchet, La Diva, L’allumeuse de Réverbère

Née à Rennes en 2004, Clarisse Fauchet intègre en 2013 la Maîtrise de Radio France, dirigée par Sofi Jeannin. Cette formation lui permet de chanter sous la direction de grands chefs d’orchestre et de faire ses premières expériences de la scène. En 2016, elle incarne un des enfants dans Werther de Massenet au Théâtre des Champs-Elysées ; elle est aussi Juliette du Petit Ramoneur de Britten à l’Auditorium de la Maison de la radio en 2018. En septembre 2020, elle rejoint le Département supérieur pour jeunes chanteurs (DSJC) du Conservatoire à rayonnement régional (CRR) et le Jeune Chœur de Paris. Elle apparaît dans des spectacles lyriques mis en scène par Florence Guignolet : La Chauve-Souris de Johann Strauss II, Le Concert à la cour ou la Débutante d’Auber… Elle a également étudié l’alto, notamment dans les classes de Sébastien Levy et d’Isabelle Lequien au CRR de Boulogne-Billancourt. Elle entre au CNSM en septembre 2024.

Cécile Habibi, La Rose

Cécile Habibi commence la musique en 2015 à la maîtrise de l’Opéra National du Rhin, sous la direction de Luciano Bibiloni. Elle y décroche ses premiers rôles sur scène et participe aux productions des saisons 2015-16 à 2019-20. Désireuse de poursuivre sa formation musicale, elle intègre en 2022 la classe de chant lyrique de Lionel Peintre au conservatoire Paul Dukas. Elle participe ainsi en tant que chanteuse semi-professionnelle aux ateliers lyriques du conservatoire durant quatre années consécutives. En parallèle, elle entre au studio de formation théâtrale de Vitry-sur-Seine où elle se forme au métier de comédienne pendant trois ans. Forte de ses expériences, elle commence à enseigner la musique et le théâtre en 2024 ; elle donne ainsi des cours particuliers et anime des ateliers chez les Florimontains, structure en association avec l’ASE depuis 1925.

Loup Thévenin, Le Roi, Le Serpent

Graphiste et illustrateur, Loup débute sur scène en 2014 comme choriste dans Didon et Énée, créé à l’Académie internationale de Musique de Flaine. Il rejoint la classe d’art lyrique de Sophie Hervé en 2015 et travaille sur des œuvres de divers répertoires (Carmen, Les Dialogues des Carmélites, L’Opéra de Quat’Sous) ainsi que des créations de théâtre musical basées sur l’improvisation. Il prend rapidement un rôle transversal au sein du conservatoire Gustave Charpentier, concevant décors, lumières et affiches pour de nombreux projets. Loup obtient son DEM de chant lyrique en 2023. Il collabore à présent avec Sophie Hervé sur des projets pédagogiques à destination des enfants et des adultes, intervenant comme scénographe, assistant de musique en scène et coach vocal.

L’orchestre Silmaril 

L’Orchestre Silmaril est composé exclusivement de jeunes musicien-nes, étudiante-es en voie de professionnalisation principalement issu-es du CNSMD de Paris. L’ensemble a été fondé en janvier 2023 par Éléa Hetzel (violoniste et cheffe d’orchestre) et Adrien Mercier (pianiste, compositeur et arrangeur) lors de la création à la Salle Gaveau du conte musical Le Petit Prince de Balthazar Pouilloux. Depuis sa création, l’Orchestre Silmaril tente d’explorer différentes formes de représentation et types de répertoire ; des cycles de concerts (Salle Cortot, Église Saint-Louis-en-l’Île, Cathédrale Sainte-Croix-des-Arméniens…), dont les programmes thématiques mélangent souvent musique de chambre et pièces orchestrales, des projets pluri-disciplinaires, comme un évènement autour du Soleil en collaboration avec la Société astronomique de France en juin 2025, ou encore des cartes blanches, organisées au Studio L’Accord Parfait. Dans une démarche d’ouverture de la musique dite « classique », l’ensemble a également mis en place depuis deux ans des actions de médiation culturelle, en partenariat avec l’ACEL (association d’aide scolaire et sociale basée à Trappes), à destination d’élèves d’écoles primaires et de collège, sous forme d’ateliers autour des instruments de l’orchestre, de pratique chorale et d’introduction à la musique classique. En effet, les musicien-nes de l’ensemble cherchent à montrer combien des œuvres du passé peuvent avoir des résonances pleinement ancrées dans notre présent et à quel point cette musique est un art vivant, porté par une génération de jeunes musiciens passionnés et talentueux.

Fanny Casati, flûte
Adrien Bonnicel, hautbois
Célestin Tissus, clarinette
Timothée Marcon, basson
Émilie Jaeger, trompette
Arthur Blanchard, cor
Adrien Mercier, piano
Loubna Kammarti, Lou Veilhan-Patou, Norimi Lemaire, Lisa Maslenko, violons
Inès El Jamri, Maurice Théron, altos
Philaé Foucher de la Fuente, Numa Hetzel, violoncelles
Robin Leblond, contrebasse

Le Petit Prince

Le Petit Prince

Un conte musical de Balthazar POUILLOUX
d’après l’œuvre d’Antoine de SAINT-EXUPERY

Note d’intention scénographique

Le Petit Prince est peut-être le premier texte qui m’a bouleversé. J’avais cinq ans, et je l’écoutais, déjà, en CD, bercé par la voix de Gérard Philippe. Ce conte, j’ai toujours eu envie de le mettre en musique. Ce mariage me paraît être une évidence. Entre tradition, avec le texte original, et inventions littéraires, avec les paroles des airs. Comme le Petit Prince est une porte d’entrée vers la littérature, nous voulions créer une porte d’entrée vers l’opéra.

Le Petit Prince est un conte poétique écrit par Antoine de Saint-Exupéry en 1943 à New-York. Le langage est simple et dépouillé, parce qu’il est destiné à être compris par des enfants, et le conte propose une vision symbolique de la vie. Chaque chapitre relate une rencontre du petit prince qui laisse celui-ci perplexe vis-à-vis des comportements absurdes des « grandes personnes ». Ces différentes rencontres sont des paraboles puissantes et émouvantes. On peut y lire une invitation de l’auteur à retrouver l’enfant en soi, car « toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants. (Mais peu d’entre elles s’en souviennent.) ». L’ouvrage est dédié à Léon Werth, mais « quand il était petit garçon ».

L’objectif est de plonger le spectateur dans une atmosphère fantaisiste, et onirique, à la fois spatiale et désertique, entre planètes et Sahara. Dans un premier temps, intéressons-nous aux décors. Nous souhaitons créer une scénographie simple et modulable centrée sur quelques éléments de décor : caisse en bois, toiles, escabeau de peintre, paravent, piano à queue (il symbolise l’avion du narrateur, qui tentera de le réparer). Nous souhaitons jouer sur les matières : bois et toiles plus ou moins transparentes, et sur les hauteurs, notamment autour de l’escabeau, sur lequel les personnages se hissent. Ainsi, fidèle à l’atmosphère du livre, l’action se déroulera dans un décor que les personnages font évoluer, tout comme ils évoluent eux-mêmes.

Pour ce qui est des costumes, l’intention est la même : faire entrer le spectateur dans cet univers poétique et solaire comme nous l’évoquions plus haut. Les costumes seront inspirés des illustrations de Saint- Exupéry et seront fortement caractérisés afin de faciliter l’identification pour le spectateur. Ces costumes « lyriques » seront aussi conçus pour rester dans l’atmosphère opératique que nous souhaitons imposer.

Ce spectacle est donc construit comme une rêverie, balancement entre légèreté et gravité, soleil et nuit, enfance et âge adulte. Et comment mettre en scène un tel moment de bascule sans le faire jouer par de jeunes artistes ?

Note d’intention Musicale

La première question à se poser quand on se lance dans la difficile entreprise de l’opéra : c’est l’équilibre entre musicalité et théâtralité. Pour être fidèle au texte et aux dialogues d’origine, et pour garder une narration cohérente et lisible (le chant lyrique rendant souvent la langue plus difficilement compréhensible), nous avons fait le choix de construire de vraies parties théâtrales et non des récitatifs (les parties théâtrales seront accompagnées de musique au piano, mais seront parlées et non chantées).

Dans le cadre d’une œuvre scénique de fiction, et particulièrement une œuvre pour la jeunesse, mon premier objectif est une forme d’« efficace » des lignes mélodiques et des orchestrations, afin de toucher, et, plus encore, de « faire impact » sur le spectateur. Mais ce spectacle est aussi l’occasion de rendre hommage à l’immense tradition de l’opéra et de la musique chorale, de ses racines à ses modalités contemporaines. Plus précisément, il est pensé, pour les enfants, une porte d’entrée vers le monde musical lyrique, comme le Petit Prince est une porte d’entrée vers la littérature. Il s’agira de proposer une musique lyrique en chanson, mélodique, moderne et accessible, à la manière de ce que fait par exemple, la chanteuse et compositrice Charlotte Planchou, ou encore le compositeur George Benjamin. Pour renforcer cette idée de porte d’entrée, évoquée plus haut, plusieurs citations et clins d’œil à des grandes œuvres du répertoire se glisseront dans l’œuvre : L’Air de l’Allumeuse de Réverbère reprend une partie du thème de Zu Hilfe, air introductif de la Flûte Enchanté de Mozart, le final du chœur des Roses reprend le motif en contre-point de la Fantaisie Chorale de Beethoven, l’air du Businessman, une valse traditionnelle russe, dont le thème fut utilisé de Tchaïkovski à Gainsbourg, etc… Mais l’inspiration vient aussi des comédies musicales orchestrales. Américaines, avec Leonard Bernstein qui s’inspire à la fois de l’opéra, de la musique symphonique, notamment celle de Mahler, du jazz, des rythmes cubains et de la chanson… Mais aussi Française, avec Michel Legrand qui mélange voix lyriques et voix jazz, textures orchestrales et textures de Big Band…

Ainsi, la musique ne s’arrête jamais, elle se glisse partout. Chacun des trois actes est composé comme une pièce musicale ininterrompue, et ces trois compositions se répondent. La musique comme prolongement du théâtre, et le théâtre comme prolongement de la musique. Il faut concevoir cette pièce comme une grande montée en émotion : le premier acte plus léger, inspiré dans ces orchestrations de motifs musicaux Touaregs et berbères, afin de traduire l’ambiance désertique. Les mélodies sont moins lyriques, plus proches de chansons. Le deuxième acte, au contraire, est un hommage à la fois à l’opéra et à la comédie musicale, puisque les airs sont de véritables numéros, comme on peut en trouver à Broadway. Comme une envolée pour traduire le voyage du Petit Prince de planète en planète, ces airs singularisent tous ces personnages hauts en couleur. Enfin, le troisième acte, plus grave, jusqu’au dénouement tragique est le plus proche de la tradition opératique (chœurs, grands airs…).

Balthazar Pouilloux,  compositeur et metteur en scène

Colette, film de Yannick Bellon

Colette 

Documentaire sur Colette réalisé par Yannick Bellon, en 1952.

Dans son appartement du Palais-Royal, l’écrivain Colette s’entretient avec son mari Maurice Goudeket, qui lui fait part de son désir de tourner un film sur elle. Clouée dans son « lit-radeau » en raison d’une arthrite de la hanche, elle se fait prier malgré l’intérêt qu’elle porte à sa propre biographie. Elle passe en revue les diverses maisons qu’elle a habitées depuis sa maison natale bourguignonne à Saint-Sauveur-en-Puisaye, son chalet de Passy, ses maisons en Bretagne ou en Provence, jusqu’à la quatorzième et dernière de ses seize dernières années de sa vie. Les photographies des personnages qui ont compté dans sa vie défilent, « Willy » son pseudonyme de jeunesse, sa mère Sido, le pantomime Georges Wague. Jean Cocteau, son voisin et ami, lui rend visite.

Présentation de Didier Puntos

[…] Il fallait arrêter la composition d’une formation dont l’originalité empêche l’oreille d’écouter en référence à la version orchestrale, et dont la richesse en timbres puisse restituer la diversité de l’écriture ravélienne. Pourquoi, alors, ne pas mélanger trois modes de jeux instrumentaux bien distincts : le souffle, avec la flûte (également piccolo, flûte en sol ou flûte à coulisse selon les besoins), l’archet, avec le violoncelle et, enfin, le clavier dont l’infinie complexité permet de créer l’impression de masses, de volumes, mais aussi de styliser l’âpreté d’une percussion, le cristallin d’une harpe ou la brillance d’un cuivre ? Le reste n’est plus que jeu, jeu d’écriture bien sûr : jeu des quatre mains qui s’emboîtent ou se croisent, jeu sur la combinatoire quasi-illimitée d’un tel quatuor, jeu sur la couleur, jeu dans l’espace […].

Note d’intention de Didier Puntos pour la création en 1989 à l’Opéra de Lyon, suite à la commande qui lui avait été faite par l’Atelier lyrique.

Elementor #5267

Jean-Yves Tadié, conférencier

Né le 7 septembre 1936 à Boulogne-Billancourt. Marié, trois enfants. Ancien élève de Saint-Louis de Gonzague (Franklin), du Lycée Louis le Grand et de l’ENS Ulm, agrégé de lettres classiques (1959), a enseigné dans huit universités : Alexandrie, Yaoundé, Le Caire, Caen, Tours, Paris 3, il est élu Professeur à l’Université d‘Oxford et fellow d’All Souls College en 1988, puis à l’Université de Paris-Sorbonne en 1991. Il a dirigé pendant vingt-sept ans les collections Folio classique et Folio Théâtre chez Gallimard, où il reste conseiller littéraire. Il a été conseiller scientifique de l’exposition Marcel Proust (BNF-Orsay, 1999-2000).
Il a publié dix-sept ouvrages sous son nom, notamment Proust et le Roman (1971), Le Récit poétique (1978), Le Roman d’aventures (1982), La Critique littéraire au XXe siècle (1987), Le Roman au XXe siècle (1990), Marcel Proust, biographie (1996), Le Sens de la mémoire (2001, avec Marc Tadié), Regarde de tous tes yeux regarde, Jules Verne (2005), Le songe musical, Debussy (2008), Le Lac inconnu, Proust et Freud, (2012), Marcel Proust, croquis de l’épopée (2019, Gallimard). Il a dirigé plusieurs éditions dans la Bibliothèque de la Pléiade, dont celle de A la Recherche du temps perdu 1987-1990), de Nathalie Sarraute (1996), de Walter Scott, de Malraux (Ecrits sur l’art, Essais critiques). Direction de nombreux autres volumes collectifs (Proust et ses amis, Le Cercle de M. Proust, 3 volumes). Il est membre de la Glyndebourne Festival Society, de l’Athenaeum Club de Londres, et membre correspondant de la British Academy.
Et il vient de publier ses passionnantes mémoires : De l’autre côté du temps (1939-1968)

Colette et la musique, Conférence de Frédéric Maget

Colette et la musique 

 

Conférence de Frédéric Maget, Président de la Société des Amis de Colette

La Colette aux mille visages… romancière, journaliste, mais aussi danseuse, mime, et mélomane !
Chez Colette, la musique est partout, et ce, dès l’enfance.

« Elle était musicienne, comme ses frères et sœurs. Dans le salon de sa maison natale se trouvait le piano sur lequel tous les enfants ont appris à jouer. D’ailleurs son frère aurait, d’après elle, pu avoir une carrière de virtuose. »  Colette, femme de lettres, continuera à jouer du piano tout au long de sa vie, mais dans le plus grand secret.

Elle se marie avec « Willy », célèbre critique musical qui, sous le pseudonyme « l’ouvreuse du cirque d’été », « faisait la pluie et le beau temps dans le monde musical de la fin du XIXe siècle et au tournant du XXe siècle ». A ses côtés, Colette découvre la musique orchestrale et fréquente assidûment les salles de concerts, notamment les Concerts Colonne et les Concerts Lamoureux. Son mari lui ouvrira également les salons musicaux de l’époque entre autres celui de la princesse de Polignac, où elle noue des amitiés avec les grands compositeurs de son temps, Claude Debussy, Gabriel Fauré, ou encore Maurice Ravel pour qui elle écrit le livret de son célèbre opéra « L’Enfant et les sortilèges ».

L’enfant et les sortilèges

Flore Royer : L’Enfant 

Nommée Talent Adami Classique 2024, Flore Royer obtient son master au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris dans la classe de Frédéric Gindraux avec mention Très Bien à l’unanimité. Elle est membre de l’Académie de l’Opéra-Comique pour la saison 2024/2025. Cette saison, elle fait également ses débuts soliste à l’Opéra de Paris (Les Brigands, Offenbach) à la Fenice (Te Deum, Charpentier) ainsi qu’à l’Opéra Royal de Versailles (La Fille du Régiment, Donizetti).

Madeleine Bazola-Minori : La Mère, La Libellule, La Tasse, Le Pâtre 

Madeleine Bazola-Minori se forme à la maîtrise du CRR de Tours, en parallèle à des études de piano, puis continue son cursus en chant choral au Chœur de Jeunes du conservatoire. Elle a l’occasion d’interpréter le rôle de Flora dans Le Tour d’Écrou de Britten à l’Opéra de Tours en 2014. Depuis septembre 2021, Madeleine étudie le chant lyrique au CNSMDP dans la classe d’Amaya Dominguez, et intègre la classe de mélodie et lied de Jeff Cohen ainsi que celle d’Anne le Bozec. Elle y développe son goût pour le répertoire lyrique, du baroque au contemporain en passant par la comédie musicale. 

Margaux Loire : La Bergère La Chatte, l’Ecureuil 

La soprano lyrique, Margaux Loire est lauréate de la Bourse Sylff – Tokyo Fundation for policy research et de la bourse Menda – Opéra-Comique. En 2024, elle gagne le Prix Présence Compositrices au concours de Marmande et obtient son master au CNSMDP. Elle accorde ses sensibilités de musicienne et de comédienne pour interpréter des œuvres allant du chant grégorien à la musique contemporaine. Elle est Violetta Valery dans La Traviata de Verdi en Mars 2025 avec le Lab Opéra Oise.

Félix Merle : Le Fauteuil, L’Arbre 

Félix Merle débute la musique avec le double apprentissage du chant et du clavecin. Ainsi le répertoire baroque garde une place de choix dans son travail. Rejoignant ensuite le CRR de Paris, il parfait sa pratique du chœur au sein du Jeune Chœur de Paris. Également initié à l’opérette française par le baryton Franck Leguerinel, il monte ensuite son propre spectacle « Ne tirez pas sur l’opérette » qu’il crée en 2021. Dès lors il poursuit sa formation au CNSMDP. Il a l’occasion alors de s’y produire sur scène et d’incarner Riff dans West Side Story ainsi que l’Arbre et le Fauteuil de L’Enfant et les sortilèges de Ravel.

Tsanta Ratianarinaivo : La Théière, L’Arithmétique 

Admis à la Maîtrise de Notre-Dame de Paris où il va étudier pendant trois ans auprès de Rosa Dominguez, il est à présent étudiant au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Son répertoire va de la musique grégorienne à la musique contemporaine. Il est de plus en plus sollicité dans le monde de l’opéra.

Anne-Laure Hulin : Le Feu, la Chouette, la Pastourelle, le Rossignol 

Anne-Laure commence le chant en 2004 à la Maîtrise de Radio France.  Etudiante de Elène Golgevit au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, où elle obtient son Master de chant lyrique, elle se produit désormais régulièrement en soliste, avec l’Orchestre Philharmonique et l’Orchestre National de France, ou encore l’Orchestre de Paris, sous la direction de D.Gatti, FX.Roth, D.Harding ou encore P. Järvi…

Marie Ranvier : La Princesse, la Chauve-souris 

Après des études de piano et de violoncelle, c’est à l’âge de 16 ans qu’elle débute le chant lyrique. Trois ans plus tard elle rentre au CRR de Paris au Département Supérieur pour Jeunes Chanteurs auprès de Jean-Philippe Zilinsky. Elle se produit alors dans les plus grandes salles parisiennes telles que la Philharmonie, la Seine musicale ou encore l’Opéra-Comique. À l’âge de 21 ans, elle réussit le concours d’entrée du CNSMDP en chant lyrique dans la classe de Yann Toussaint. Depuis elle approfondit sa technique, la mettant notamment au service de la création contemporaine

Paul-Louis Barlet : L’Horloge, Le Chat 

Actuellement étudiant au CNSMDP dans la classe de Frédéric Gindraux, il se produit régulièrement en tant que soliste dans les « Requiem » de Fauré, Mozart ou Dvorak ou les Carmina Burana de Carl Orff. Sur scène, il a interprété les rôles du Baron dans « L’Amour masqué » de Messager, Zamnis dans « Almasis » de Royer, le Chat et l’Horloge dans « l’Enfant et les sortilèges » de Ravel et plus récemment le Sacristain dans « Tosca » de Puccini, Le Mari dans « Les Mamelles de Tirésias » de Poulenc et le Comte Almaviva dans « Les Noces de Figaro » de Mozart.

Jean Gloire Nzola Ntima : La Reinette 

Né à Kinshasa en RDC où il commence à chanter enfant lors des messes dominicales. C’est pour lui l’occasion de découvrir le chant lyrique.  Après être passé par le CRR de Paris et avoir participé à de nombreux concerts du Jeune chœur de Paris sous la direction de Marc Korovitch et Richard Wilberforce, il est depuis 2021 étudiant au CNSMDP. Il est lauréat 2024 du Prix d’Art lyrique de la Fondation Marie Dauphin du Verna.

Alexane Faye : Flûte

Flûtiste et piccoliste, Alexane Faye actuellement en dernière année de master, intègre la classe de Sophie Cherrier et Vincent Lucas au CNSM de Paris en 2020 où elle obtient son DNSPM. Grande passionnée d’orchestre, elle cultive également son goût pour la musique de chambre. Sa curiosité et son ouverture à une grande diversité d’esthétiques et de répertoires l’emmènent à découvrir le piccolo puis le traverso.

Alexandre Frochot : Violoncelle 

Alexandre Frochot commence le violoncelle à l’âge de 6 ans au Conservatoire de Nantes. Après avoir travaillé pendant un an avec Thomas Duran au CRR de Paris, il est reçu en 2023 au CNSMDP dans la classe de Marc Coppey à l’unanimité du jury. Il participe à plusieurs master-classes avec J.-G. Queyras, A. Karttunen, C. Hagen ou T. Tsutsumi, entre autres. Il s’est produit à la Cité des Congrès de Nantes et Angers, à la Folle Journée de Nantes ou encore à la Philharmonie de Paris. Il obtient le premier prix des concours internationaux Flame (2021) et Vatelot Rampal (2022).

Didier Puntos : Piano    

Pianiste de formation, diplômé de l’Ecole Normale de Paris et du CNSMD de Lyon, Didier Puntos est amené à se produire aussi bien en France, en Europe et le reste du monde avec comme domaines de prédilection la musique de chambre, le lied et la mélodie. Sa discographie en témoigne brillamment avec l’enregistrement entre autres, de l’intégrale des mélodies de Messager et des quintettes pour instruments vents et piano de Mozart et Beethoven. Sa carrière a connu un tournant important avec la réalisation en 1987 d’une version de chambre de l’opéra de Maurice Ravel « l’Enfant et les Sortilèges » qui a rencontré un succès retentissant. Cette production compte à ce jour plus de quatre cents représentations dans le monde entier. Elle a été entendue à L’Opéra national de Paris, à Lausanne, à Madrid, entre autres. Ont suivi alors de nombreuses collaborations avec des maisons prestigieuses (Opéra de Paris, Teatro Real de Madrid, Festival d’Aix-en-Provence…) sur de nombreux et multiples ouvrages du répertoire. Également compositeur, son catalogue comprend des œuvres chambristes, pianistiques, vocales, chorégraphiques ainsi qu’un opéra « L’enfant dans l’ombre » pour lequel il a dirigé l’Ensemble Orchestral Contemporain. Il a été entre 2003 et 2008, directeur musical de l’ensemble vocal Passeggiata. Il a récemment réalisé pour l’Opéra de Lausanne une orchestration de la Cendrillon de Pauline Viardot et en a assuré la direction musicale à la tête de l’ensemble Sinfonietta. Novembre dernier voit sa dernière création à l’Opéra National du Rhin : Les Trois Brigands d’après l’album culte de Tomi Ungerer.

Emmanuel Mercier : Piano

Emmanuel MERCIER entre à 14 ans au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris où il obtient quatre premiers prix de piano, musique de chambre, harmonie et contrepoint. Après plusieurs stages de perfectionnement auprès d’Evgeny Malinin (Professeur au conservatoire Tchaïkovski de Moscou) et une année passée à Banff (Canada) auprès de professeurs tels que Gyorgy Sebök, Menahem Pressler, il remporte plusieurs récompenses lors de concours internationaux. Il se produit depuis en récitals de piano et en diverses formations de chambre en France et à l’étranger. Il a joué avec orchestre (Orchestre National du Capitole de Toulouse dirigé par Michel Plasson, Ensemble Orchestral de Paris dirigé par Jean-Jacques Kantorow, sous la direction de Luciano Berio au Canada…) et enregistré plusieurs fois pour Radio France et pour la Cartoucherie de Vincennes. Il enseigne dès 1987 au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris en tant que professeur – assistant, successivement de Gabriel Tacchino, Alain Planès, Brigitte Engerer, et Claire Désert.
Il enseigne également au Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris depuis 1993.

Concert 1, L’Enfant et les Sortilèges

L’Enfant et les Sortilèges

Fantaisie lyrique en deux parties de Maurice RAVEL (1875-1937)
Sur un livret de COLETTE (1914), créée le 21 mars 1925 à l’Opéra de Monte-Carlo. Arrangement pour flûte, violoncelle et piano à quatre mains de Didier Puntos

Première partie

La maison

Dans une vielle maison normande, un enfant peine à faire ses devoirs. Pris d’un accès de colère, il est puni par sa mère. Le voilà qui s’en prend à tout ce qui l’entoure. Il renverse et brise la théière et les tasses, met en pièces ses livres, tire la queue du chat et menace l’écureuil en cage, déchire le papier peint avec le tisonnier, terrorisant les personnages imprimés. Il ouvre alors l’horloge comtoise pour se suspendre au balancier qu’il arrache. À bout, il tente de s’asseoir dans le fauteuil qui, prenant vie, recule. Et ce n’est que la première réaction de tous les éléments qui l’entourent ! Devenus vivants, à leur tour, ils s’animent dans un ballet infernal. Le fauteuil invite la bergère Louis XV, les autres sièges lèvent bras et pieds pour affirmer qu’ils ne veulent plus de l’enfant. La comtoise n’a de cesse de sonner en se plaignant de douleurs au ventre. La tasse entame avec la théière une danse endiablée, le feu sort de l’âtre et vient taquiner le garçon. Depuis les lambeaux du papier peint, la pastoure, le pâtre, les moutons, le chien, la chèvre et d’autres encore, se rient de lui en se plaignant de leurs histoires qui s’arrêtent si brusquement. Sortie quant à elle d’une page arrachée d’un livre, une princesse lui fait part de tout ce qu’il a détruit. Apparaît un petit vieillard qui égrène sa comptine et embrouille le garçon dans ses nombres et ses tables de multiplication. Les chiffres renchérissent à leur tour. L’enfant, terrorisé s’effondre. C’est le duo d’amour du chat et de la chatte qui le réveille.

Deuxième partie

Le jardin

Sous la lueur de la lune, l’enfant entre dans le jardin où le cauchemar continue. Un arbre se plaint de la blessure que lui a faite un jour l’enfant avec son canif volé. Le chœur des autres arbres eux aussi se plaignent des mauvais traitements subis. Surgissent une libellule toujours à la recherche de son amie… épinglée sur le mur, des chauves-souris en deuil de la perte d’une des leurs, une rainette qui s’en mêle. Et d’autres bêtes encore qui se ruent sur l’enfant pour se venger de sa cruauté. C’est à qui s’en prendra à lui avant les autres. Dans la bataille, un petit écureuil est blessé et l’enfant va le panser. Les animaux, à la vue de la bonne action, se calment, rendent l’enfant à sa mère. Le voilà pardonné.

 

Rozven

Aurélie et Pierre-Emmanuel Poujardieu, coproducteurs de cette manifestation, nous accueillent au Domaine de Rozven dans ce lieu prestigieux, historique, face à la mer, la Maison des Dunes, ayant appartenu à l’écrivaine Colette entre 1910 et 1926.

Frédéric Maget, conférencier

Frédéric Maget

Enseignant, spécialiste de Colette, a consacré à l’écrivaine de nombreux articles et ouvrages parmi lesquels le cahier Colette (L’Herne, 2011 ; rééd. 2023), Les 7 vies de Colette (Flammarion, 2019) et Notre Colette (Flammarion, à paraître le 8 février 2023). Il est président de la Société des amis de Colette et directeur de la maison natale de Colette à Saint-Sauveur-en-Puisaye (Yonne, France) qu’il a contribué à sauver et à restaurer. Engagé pour la reconnaissance de la place des femmes dans l’histoire littéraire, il a créé le Festival international des écrits de femmes et préside les Amis de Christine de Rivoyre.